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3 / Chacun·e pour toi

3 / Chacun·e pour toi
Les gens sont comme la musique, certains disent la vérité et d'autres ne sont que du bruit.
Bill Murray

Dimanche dernier, j'ai participé au Namuraid, un triathlon trail-kayak-VTT. C'est un triathlon autrement, comme le dit si bien son slogan. Autrement pour ses disciplines qui sortent du béton et et des coups perdus à la nage mais aussi par la mentalité de ses participants : chacun·e à son rythme et on profite du moment ensemble.

Entre le peye qui arrive sans frein, les pneus dégonflés et ceux qui avaient oublié dans quel sens faire aller les pédales, c'était une belle brochette de bras cassés prêts à se donner pour un parcours qui les dépasse largement. Tout ça dans la bonne ambiance, les "t'tracasse je compte pas aller plus vite" et le ravito qui se transforme en café-concert.

Sans vouloir entrer dans le sentimental, je pense que cet événement est une belle allégorie de ce qui nous lie encore en tant qu'êtres humains. Il existe autre chose que la compétition et la loi de la jungle. Le chacun pour soi, la diminution de l'autre pour s'élever soi-même ou la mise à l'écart des plus fragiles sont le résultat du système dans lequel nous vivons. Heureusement ce système n'est pas la norme partout.

Pensez-y demain au boulot, dans la file au magasin ou en conduisant votre voiture.


Trophy Wall

School Is Cool
2017 — Belgique 🇧🇪

Groupe emblématique de la scène belge, School Is Cool qualifie sa musique de "pop baroque". Formé en 2009, les Anversois·es évoluent entre Supertramp et Vampire Weekend en passant par Tom Petty, disons que l'ensemble est plutôt éclectique.

Trophy Wall n'est pas leur morceau le plus emblématique qui semble plutôt inspiré par un mélange de Harry Styles et Cage The Elephant avec une pincée de Bear's Den, le synthé 60s en plus. Tout ça poiur donner un bon morceau qui met la patate et un refrain qui ne demande qu'à être gueulé bien fort en concert.

Lost Horse

Asaf Avidan, MC Solaar
2020 — Israël/Italie 🇮🇱🇮🇹, France 🇫🇷

Un duo inattendu. Asaf Avidan, surtout connu pour le remix de sa Reckoning Song, et MC Solaar, véritable légende vivante du rap français. Le résultat est excellent. Une petite intro dont j'ai du mal à identifier l'instrument mais je dirais un clavecin avec un sale effet bien sec ou carrément un hammered dulcimer. Instrument rare qui remonte au Moyen Âge.

Soit, je m'égare. Après cette belle intro, entrent les nappes de clavier, la basse et une batterie qui ne tapera jamais à côté. Tout ça pour préparer le flow d'MC Solaar qui mène au refrain et sa guitare qui claque. Ça groove à mort. Ça allitère, ça assonne, et ça groove bien comme il faut. On met fort et on écoute tout ce qui se passe en même temps.

Vocal

Madrugada
1999 — Norvège 🇳🇴

On fait un mini voyage dans la passé, an de grâce 1999. Les Norvégiens de Madrugada sortent Industrial Silence avec Vocal comme première piste.

Ça pue le Grant Lee Buffalo, c'est d'ailleurs comme ça que j'ai découvert ce morceau je pense, une recommandation basée sur ce que j'écoute. Dans le même genre de groupe on retrouve les Morcheeba, The Veils ou encore Ryan Adams.

Du rock bien lourd en somme, lent, avec des envolées plombées de mélancolie. C'est un genre difficile à dompter parce qu'il faut réussir à apporter de la nuance dans des morceaux simples. L'interprétation joue un grand rôle et nos copains du Nord maîtrisent l'affaire.

CRY

Jon Batiste
2021 — États-Unis 🇺🇸

J'essaie d'éviter de partager trop d'artistes américains parce qu'ils sont déjà souvent suffisamment médiatisés. Dans le cas de Jon Batiste, je ne sais pas si le terme "assez" existe tant il est bon.

Après plusieurs albums en solo et des années à assurer la musique dans le Late Show de Stephen Colbert, il sort WE ARE qui le propulse au niveau supérieur. C'est de cet album de 2021 que vient CRY.

Du véritable miel pour les oreilles à écouter en boucle. Je ne sais pas par où commencer. Tout est tellement bien gérer et juste où il doit être. Sortez le casque, posez-vous dans le canapé et montez le son.

Flavor

Girls in Hawaii
2006 — Belgique 🇧🇪

Août 2018, je suis avec mon grand copain Antoine (des bises 😘) au Ronquières Festival. À la base, j'y allais surtout pour Nada Surf mais ça ne me déplaisait pas de pouvoir enfin assister à un concert de Girls in Hawaii.

Dans mes souvenirs, tout se passe assez bien. Le gars devant moi s'amuse à claquer des mains sur les contretemps. Ça me dérange pas au début, après deux morceaux c'est plus pareil et tu as juste envie d'applaudir à contretemps aussi mais avec sa tête entre tes mains. Je m'égare encore.

Tout est bien, bonne ambiance, puis le groupe se lance dans une intro de plusieurs minutes, celle de Flavor. Les deux notes en boucle, comme un vinyle avec une griffe pile au bon endroit. Après une loooongue mise en jambes, les voix, puis la batterie.

Pour visualiser : chaude soirée d'été, le crépuscule tombe tout doucement mais il y a encore le dernier rayon de soleil orange chaud, la scène en arrière-plan, une bière à la main et à côté mon copain. Je savoure l'instant. Pui BAM. Le morceau vole en éclats. Les guitares guitarent, les percus percuttent, les voix suavent et la basse emballe tout ça. J'étais pas près et je prends tout dans les dents.

J'ai retrouvé le morceau sur leur concert à l'AB. Écartez-vous des objets qui cassent et des enfants puis écoutez-moi ça.


La playlist 2022 d'Ourson s'étoffe de ces cinq nouveaux morceaux. N'hésite pas à partager ça au boulot, avec les ami·e·s et la famille.


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